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Plafond salarial

J'ouvre ce sujet pour continuer une discussion entamée sur Twitter avec @mizitrano.ous 

Je te rejoins sur les causes de l'inflation qui est la résultante d'un surplus de richesses/revenus sur le marché. Si malgré cette abondance de richesse et revenus, certains clubs sont en danger économique, la principale raison est que ces clubs sont gérés de manière imprudente. Avant de pointer les salaires des joueurs, les dirigeants de clubs doivent d'abord être capable de constater comment ils ont gérés leurs finances ces dernières années.

J'entends beaucoup de monde parler de mettre en place un modèle de salary cap en copiant-collant sur ce qui existe aux USA. De mon point de vue, c'est pratiquement impossible. Il y a des différences structurelles (formation des jeunes), économiques (transparence/financement des clubs) et culturelles (ligue ouverte) trop importantes entre les modèles européens et américains pour imaginer simplement copier un salary cap sans revoir l'ensemble du championnat suisse. Par contre, je pense qu'il est parfaitement possible d'imaginer un modèle de salary cap ou autre qui s'adapterai aux fonctionnements du modèle du hockey suisse.
 
Avant de parler du financement des clubs, j'insiste sur la nécessité de transparence. Un salary cap sans transparence des budgets des clubs est impossible. Il doit également être accompagné par une capacité de contrôle de la ligue du respect des règles comptables et financières.
 
Tu touches un point important sur le mécénat des clubs. Aux USA, les propriétaires ne sont pas des mécènes. S'ils investissent dans un club, c'est pour le côté social et la recherche d'égo, mais aussi pour en tirer des profits. Alors qu'en Suisse, certains clubs sont financés par des mécènes (ZSC, Lugano, Zug, ?) alors que d'autres sont financés par les revenus du hockey et d'autres activité économiques (restauration). Le montant des contributions des mécènes sont confidentiel. Sans transparence et avec des modèles si différent, c'est pratiquement impossible d'imaginer une solidarité entre tous les clubs.
 
J'entends beaucoup de commentaires que le salary cap défendu actuellement par Vaucher, Lüthi ou Domenig serait un copier-coller du système américain avec la volonté d'aider les "petits" clubs d'avoir un budget plus conséquent. Perso, j'en doute beaucoup. J'imagine plutôt que la volonté de Vaucher et Lüthi est d'utiliser le salary cap, non pas pour distribuer des fonds aux petits clubs, mais plutôt en vue d'avoir un moyen de pression pour diminuer les salaires des joueurs et ensuite de créer des réserves dans la ligue dans le cas d'une nouvelle épidémie. Bref, de pouvoir répondre à deux exigences précises du Conseil Fédéral qui sont liées aux éventuels prêts contractés avec la ligue.
 
 

Vaste discussion que celle-ci, car il y a tellement de paramètres à prendre en compte (dont certains sont moins pertinents que d'autre). 

Pour la plus part des points nous sommes d'accord voir proches. Peut-être avons nous une approche différente du même problème.

Je ne suis que partiellement d'accord avec l'affirmation de la gestion imprudente. Si il est vrai que la gestion de certains club est plus compliquée que d'autre, il ne faut jamais perdre de vue que les règles "de bonne gestion" sont pipées dès le départ par une iniquité des a) moyens & b) conséquences. 

Certains club peuvent se permettre tous les écarts de gestion d'une année à l'autre en empilant les déficits pour conserver leur compétitivité sportive, et ceux sans conséquences puisqu'un apport de liquidités extérieur vient toujours éponger les dettes en dernier recours (et c'est là que ce trouve la une des racines du mal).

Sur ceux soyons claire, les salaires sont trop haut vis-à-vis des revenus qu'ils sont sensés générer. Ils doivent donc être mis à niveau avec la réalité du prix du "produit Hockey Suisse". (Que cela plaise ou pas aux joueurs et surtout à leurs agents.) 

Après si on demande un effort financier sur la rémunération des acteurs du sport (on paie nos entrées au stade pour voir des joueurs sur la glace à la base... et non pas pour voir des pubs, des sponsors, des dirigeants en loges, la bonne société economico-politique du canton ou encore des buvettes/restos dont le succès ne repose que sur l'estampillé à notre club de cœur), Il est tout a fait normal qu'on demande en contrepartie un effort substantiel aux Clubs et surtout à leurs actionnaires (doit-on rappeler qu'il s'agit avant de SA) que se soit au niveaux des prix, de la transparence et d'une certaine éthique et solidarité.  

 Il n'est pas acceptable que la sempiternelle rengaine se répète en ces temps de Covid-19 (qui met à mal "le produit hockey Suisse") c'est à dire la socialisation des pertes quand tous va mal pour le Big4 et la privatisation des profits par ce même Big4 quand tout va bien, sans redistribution vers les partenaires plus convalescent de la ligue.       

S'agissant du Salary-Cap copié/coller sur le modèle nord Américain, il est effectivement peu probable que l'on le fasse un jour.... mais je réfute par contre que c'est impossible à implanter en pratique. Il s'agit purement et simplement d'une décision de "Politique" avec un grand P.

Quand on veut ... on peut.

Sur les différences structurelle et culturelles, il n'y a d'après moi aucune justification majeure qui pourrait effectivement bloquer les choses dans le cas ou les clubs ont vraiment décidés de changer les choses.

La formation s'adaptera aux nouvelles réalités comme elle l'a toujours et en tout temps fait. Et quand à la discussion ligue fermée vs la culture de la promotion/relégation..c'est un faux débat.

Une ligue fermée est avant tout une ligue ou des conditions très strictes sont posées en termes de contrôle des personnes (en l’occurrence des joueurs) et des capitaux.  Elle est fermées aux "travailleurs" comme aux "capitaux" non affilié à la ligue.

On peut débattre longtemps sur le bien ou mal fondé de la ligue fermée vs ligue ouverte. Cependant il faudra de toute façon se poser la question de ce que nous attendons du sport professionnel en définissant les priorités :

  • Voulons-nous que ce soit un Business?
  • Voulons-nous que ce soit un marqueur culturel? 
  • Voulons-nous que ce soit un marquer sociale? 
  • Voulons-nous que ce soit un organe d'influence?

Les nord américains, ont choisit le Business (show de très haut niveau de performance) et accessoirement le marquer culturel. Les Européens ont plutôt choisit au départ le marquer Social et culturel, mais au fil du temps il est devenu uniquement un organe d'influence. (je parle bien évidements des acteurs du sports, et non pas des spectateurs) 

"économiques (transparence/financement des clubs)"

Néanmoins, le gros soucis reste effectivement la conception économique de la chose "hockey Suisse" et le tabou typiquement Helvétique ... le manque de transparence des gestions et des financements. En Suisse nous avons été souvent très inspirés en matière de langue de bois, pour ne pas avoir admettre tout haut ce que l'on sait pertinemment tout bas.

On a appel cela la culture de la "discrétion" (un mot plus positif que ne l'est le mot "secret" mais qui en fait définit les même tares faite cette fois par les "mafieux" siciliens )... encore ou quand à  une certaine époque, une certaine "Fraude" fiscale se faisait appeler "évasion"... La richesse de la langue me direz-vous ... mais c'est un autre sujet.

Donc,  Le point sensible c'est le péréquation: chose éminemment courante en Suisse (et donc par conséquent adaptable à la situation puisque nous avons le "Know-how")

Quand on veut ... on peut.

Mais voila le Big4 la craint (et surement à juste titre) autant que "le chat à horreur de l'eau". 

Bref c'est le gros point noir de cette affaire et tout le système actuel repose sur ce nœud gordien. On attends donc un Alexandre le Grand du Hockey Suisse pour le trancher.

Ce sera inévitablement une alliance composés des Little3 "des petits arbres" (Ambri - Rappi - Langnau) associé aux clubs  de la "French connection" (Lausanne - Genève-Bienne-Fribourg), qui pour le premiers y verront un impératif vital pour survivre en LN (ligue Nationale... parlons Français) alors que pour les 4 autres, qui ont faim et les dents soi disant longues, c'est peut-être le seul moyen de pouvoir atteindre enfin un titre. 

En Marxisme première année on appelle cela... "un rapport de force".

Pour que cette alliance puisse devenir réalité et qu'enfin ces clubs passent du Statut de Sparing Partner à celui de paire de la ligue, il faudrait évidement que les intérêts primordiaux de chacun des 2 groupes soit pris en compte.

Il faudra bien que les Romands soutiennent l'idée de la péréquation des revenus engendrés par la ligue, et qu'ils acceptent d'aider ainsi les "petits arbres" à devenir progressivement aussi grand et fort qu'eux.

En contrepartie ceux-ci doivent renvoyé l'ascenseur et absolument soutenir l'exigence d'une meilleurs représentation des latins au sein de la ligue, et éventuellement exiger qu'un romand obtienne un post clé.

Quand on veut ... on peut.

Tout ça ne peut être obtenu autrement qu'en faisant bloc... qui à irriter des Ours et des lions trop assis sur leurs privilèges actuels. Et si ils sont pas d'accord alors il faut insister encore, quitte à faire une belle petite grève comme les "latins" savent si bien faire en d'autre circonstances. Le rapport de force est tel que le Big4 se mettra de toute façon à table pour "trouver des solutions" (autre formule de langue de bois politicarde 100% made in Switzerland).

Quand on veut ... on peut.

Quant à savoir pourquoi Vaucher, Lüthi ou Domenig serait pour un copier-coller du système américain avec pour apparence la volonté d'aider les "petits" clubs, Je ne suis pas dupe. Evidemment qu'il ne s'agit pas de cela, mais bien évidement d'un énième stratagème à peine voilé pour conserver leurs compétitivité vis-a-vis des clubs "QE" (Zurich - Lugano, qui eux épongerons leurs déficits comme la BCE rachète les titres d'obligation pourris) tout en stoppant le rattrapage amorcé par la "French connexion" en termes de compétitivité sportive et Financière. 

Leur stratégie est simple, faire miroiter un Salary - Cap aux groupes des "Little3", leur donnant ainsi la bouffée financière dont ils ont évidement besoins, en échange de quoi ils leurs demanderaient (très discrètement toujours... on reste en Suisse) d'abandonner toute prétentions à une éventuelle implémentation  future de la péréquation et de ligue fermée. (C'est tordu et manichéen, mais souriez c'est quasiment certains que c'est comme cela que ça va ce passer).

Quant à  pouvoir répondre à deux exigences précises du Conseil Fédéral qui sont liées aux éventuels prêts contractés avec la ligue, c'est éventuellement une option mais elle est très (trop) "court-termiste" à mon avis. 

C'est donc un jeu à qui obtiendra les faveurs des 3 éternels convalescents de la LN.

Le tandem Berne-Davos semblent avoir plus d'avance que les 4 de la "French connection"  qui à leur grand défaut et malheur, avancent divisés (voir même ne se parlent pas) sur le sujet. 

Zurich et Lugano? Il ont la planche à billets (et probablement les caisses noires qui vont avec...) donc évidement aucun intérêts pour eux que le Salary Cap. (quoi que...)  

La seule donnée inconnue reste Zoug et c'est peut-être la plaque tournante du système en faite....

 

Génial.

Heureux de lire que je ne suis pas seul à ne pas me laisser « berner » par les discours de Vaucher et Lüthi.

Quand j’ai écrit que le salary cap est impossible, je parle d’un système absolument identique à celui mis en place aux USA. La présence de mécènes dans certains clubs rend ce système irréalisable en Suisse. Qui peut imaginer que des mécènes tels que Frey et Mantegazza va verser des millions pour renforcer Ambri et Rapperswil ? A leur place, avec l’introduction d’un salary cap, j’arrêterai immédiatement les dons qui étaient versés dans le seul but de voir mon équipe gagner.

Je te rejoins dans la nécessité que les autres clubs doivent se montrer solidaire et imaginatif pour imposer une ligue indépendante au BIG4 ayant une vision globale pour le hockey sur glace. Comme tu l’as dit sur Twitter, ils ne vont pas abandonner leur privilège et trouver des solutions pour le bien de tous les clubs. Comme jusqu’à présent, ils vont privilégier leurs intérêts personnels. Rochette dit des choses très juste à ce sujet.

Avec le départ de Berner (ex-Kloten) du conseil d’administration de la SIHF et la présence scandaleuse de Blindisbacher et Streit, il y a une opportunité pour les Mid5 et little3 de brasser totalement les cartes de cette ligue et imposer une représentation géographique indispensable au sein de la ligue.

Une fois les cartes redistribuées au niveau de la ligue, les nouveaux dirigeants de la ligue pourront travailler sur un système qui respecte la culture du sport professionnel suisse. Un modèle qui ne doit pas être un copier-coller du système nord-américain, mais un modèle qui tient compte de la culture européenne du sport professionnel tout en recherchant une équité financière entre les différents clubs de LN.

Quand on veut on peut :

Les supporters et les médias doivent exprimer leur opinion. Pour ma part, je constate un championnat inéquitable depuis des lustres avec des scandales à répétition, particulièrement dans les sanctions du juge unique; mais également dans le mode de répartition des revenus des droits TV.

Il est évident que si les supporters, les diffuseurs TV et les médias des Mid5 et little3 sont satisfaits du produit actuel et resteront dans leur rôle de faire-valoir du BIG4, il n’y a aucune raison que les choses changent à court terme, à moins, qu’un gros club tombe en faillite...